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Royaume de France (Marine Royale) - Naval Sailor Service 1725-1790 | |||
|---|---|---|---|
| Command Division, Louis-Charles du ChaffaultFrench Naval Sailor Service 1725-1790 | |||
and 2 galiotes , arrival before Salé the 31 May 1765 | |||
| Ship Name | Commander | Notes | |
| Name : L'Utile (56)
1764-1792 French 56 Gun 4th Rate Ship of the Line | Fleet Flagship | ||
| Name : L'Hirondelle (16)
1743-1786 French 16 Gun Unrated Barques latines | |||
| Name : L'Etna (8)
1754-1786 French 8 Gun Unrated Bomb Vessel | ??? , present 2 weeks after at Larache | ||
| Frigates from Brest | |||
Arrival before Salé the 31 may 1765 | |||
| Ship Name | Commander | Notes | |
| Name : La Licorne (32)
1755-1778 French 32 Gun 5th Rate Frigate | Pierre Claude Haudeneau (Comte de Breugnon)French Naval Sailor Service 1733-1792 | ||
| Name : La Terpsichore (30)
1763-1784 French 30 Gun 5th Rate Frigate | |||
| Name : L'Héroine (26)
1752-1779 French 26 Gun 6th Rate Frigate | François-Joseph Paul de Grasse (Seigneur de Tilly)French Naval Sailor Service 1722-1788 | 15 dead or wounded | |
| Frigates from Toulon | |||
Arrival before salé the 31 May 1765 | |||
| Ship Name | Commander | Notes | |
| Name : La Pléiade (32)
1755-1786 French 32 Gun 5th Rate Frigate | |||
| Name : La Chimère (30)
1757-1783 French 30 Gun 5th Rate Frigate | |||
| Name : La Gracieuse (26)
1750-1781 French 26 Gun 6th Rate Frigate | |||
| Chebecs from Toulon | |||
Arrival before Salé the 09 Juin 1765 | |||
| Ship Name | Commander | Notes | |
| Name : Le Caméléon (20)
1762-1780 French 20 Gun 6th Rate Xebec | |||
| Name : Le Singe (20)
1762-1780 French 20 Gun 6th Rate Xebec | Pierre-Andre de Suffren de Saint TropezFrench Naval Sailor Service 1743-1788 | ||
| Ship Name | Commander | Notes | |
| Name : La Biche (22)
1762-1774 French 22 Gun 6th Rate Frigate | |||
Au Maroc, Salé, en face de Rabat, est la métropole de la piraterie; à cinquante lieues au sud de Gibraltar, c'est le point idéal d'où les Maures, chassés d'Espagne en 1610 par Pilippe III et accueillis par le roi du Maroc, assouvissent leur haine du chrétien.
Les Salétins, brigands de la mer, barrent la route qui mène du Ponant au Levant. Tout navire marchand assailli est bâtiment perdu, car les pirates n'attaquent qu'en nombre, profitent de la vitesse de leurs bateaux pour s'enfuir et se réfugient à l'abri de la barre qui ferme le chenal d'accès à leur port, franchissable seulement à la pleine mer.
Dans un port comme Salé, on compte en tous temps de 1000 à 1500 esclaves chrétiens, dont 300 à 400 français. Au XVIIè siècle, les pirates ont a ce point pullulé et montré une telle audace, que les primes d'assurance ont atteint 40% de la valeur des cargaisons.
Le 31 mai 1765, l'escadre mouille devant Salé. Elle groupe, autour du vaisseau l'Utile, portant pavillon du chef d'escadre le Commandant du Chaffault, trois frégates de Brest: la Terpsichore, la Licorne et l'Héroïne, que commande l'Amiral de Grasse; trois frégates de Toulon : la Chimère, la Gracieuse et la Pléïade; en plus deux galiotes et la barque l'Hirondelle complètent la force navale. Les corsaires sont mouillés dans les rivières, trop en amont, hélas ! pour qu'on puisse les amariner ou brûler. Mieux que par ses forts et ses canons, Salé est défendue par les hauts fonds, la barre et la houle atlantique qui bat la côte impitoyablement et devient énorme lorsque donne le suroît. Les Salétins ont d'ailleurs de grosses pièces ravitaillées par des bateaux danois ou suédois, servis par des renégats.
Le 2 juin 1765, les galiotes s'approchent de terre et font donner leurs mortiers, qui envoient leurs bombes sur la ville. Cependant, le lendemain, la mer est énorme; l'escadre dérade en filant les câbles d'ancres, par le bout sur des bouées, et croise au large. Le 9 juin, les vigies annoncent l'arrivée d'un renfort, deux chebecs de Toulon: le Caméléon et le Singe, ce dernier commandé par une fameuse recrue, "gueulard, ventripotent, chercheur de plaies et bosses, tête chaude et fin manoeuvrier": le Bailli Pierre André de Suffren.
Dûment embossées sur leurs quatre ancres, les galiotes reprennent leur position quelques jours plus tard; mais, après trois jours de tir, les plates-formes se disloquent, les mortiers de 12 pouces sont hors de service, ceux de 9 pouces ont les lumières évasées. Pire encore, une pièce de l'Héroïne éclate, tuant ou blessant quinze hommes et projetant l'Amiral de Grasse qui manque de tomber à l'eau.
Alors, le Commandant du Chaffault écrit au ministre:
- "Les fournisseurs trompent Sa Majesté par la mauvaise matière qu'ils mettent dans leurs canons; ne serait-il pas possible de remédier à cette friponnerie ?" .